Par JULIETTE ›
Un petit portrait d’un grand artiste pour commencer l’année 2009, en attendant notre carte de vœux…

Diplômé du MIT Media Laboratory, Golan Levin est un des artistes contemporains du monde numérique, celui que je citerai en exemple la prochaine fois que je devrai expliquer à ma famille la voix dans laquelle je me dirige… les nouvelles formes de création, utilisant le code informatique autrement dit les « œuvres interactives ».
Il créée donc des applications, des outils à but esthétique ou non, manipulables ou non, des projets simplement surprenants.
Les infos en français sur ses œuvres : fondation-langlois
Le site de Golan Levin : www.flong.com
J’ai trouvé une interview de Golan Levin, très riche, à propos de l’interactivité, l’aléatoire, l’art génératif…
Les «œuvres d’art générées à partir d’un logiciel » («generative software art»), comme on les comprend habituellement aujourd’hui, sont le produit d’une pratique artistique qui utilise des algorithmes mathématiques pour produire automatiquement ou semi-automatiquement des expressions dans des formes artistiques plus conventionnelles. (…)
Avec cette définition, « faire du Multimédia » prend alors tous son sens, un moyen et un support englobant tous les arts.

(…) C’est une chose d’être capable d’apprécier la beauté surgissant de résultats inattendus, mais nous devons aussi réaliser que nos algorithmes sont également capables de froideur et de laideur, ou nous n’apprendrons jamais rien.(…)
Il pose un regard très juste sur le potentiel du numérique sur la quantité et la qualité, la fascination de l’artiste ou du spectateur devant l’œuvre générative.

(…) À une époque, j’évitais presque religieusement de recourir à l’aléatoire dans mes œuvres, et j’en étais fier. Mais il s’est produit un tournant, un jour alors que j’étais étudiant au Media Lab. J’avais été invité à faire une démonstration de mon logiciel devant le premier ministre de l’Autriche. C’était un homme énorme et très grand, avec une solide poignée de main et jouissant d’une indéniable autorité. Comme je lui faisais la démonstration de mon logiciel, j’ai insisté sur le fait qu’il n’y avait aucun caractère aléatoire dans les algorithmes : tout ce qu’il voyait était entièrement en fonction directe des mouvements qu’il imprimait à la souris avec sa main. Il s’est tourné vers moi et m’a demandé: « mais qu’y a-t-il de mal dans l’aléatoire ? La vie elle-même est aléatoire. » J’ai pensé que c’était d’une grande sagesse. Ainsi, après tout ce que j’ai pu dire, j’admets aujourd’hui de manière un peu embarrassée que j’emploie effectivement l’aléatoire, particulièrement sous la forme de bruits statistiques à haute fréquence et basse amplitude. C’est en fait essentiel pour générer toutes sortes de textures organiques. Sans cela, la plupart des systèmes génératifs sembleraient sans vie, trop réguliers, et ennuyeux.
ET mes 2 coups de coeur:
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