Le septième art est à la fête chez Antoine et Juliette (une rime qui paie pas de mine pour commencer) avec cet article sur Werner Herzog et plus particuliérement sur un de ses films : « Pays du silence et de l’obscurité ».
J’ai vu ce film au centre Pompidou, la semaine dernière dans le cadre du cycle consacré au réalisateur allemand jusqu’à la fin Février.
Donc pour les retardataires, il faut se dépêcher puisque le film repasse seulement le 28 février à 17h30 ! Et il faut bien quelques jours de cuisines mentales pour pouvoir vous en touchez quelques mots, tellement l’expérience est intense.
Le film :
Ce documentaire suit Fini Straubinger, sourde et aveugle, qui évoque son enfance et nous emmène à la rencontre d’autres personnes atteintes du même handicap.
Werner Herzog s’attache sur le langage tactile que Fini a mis en place, dont l’alphabet et la syntaxe sont signés dans la paume des mains. L’apprentissage s’effectue grâce à un gant, chaque gestes sur la paume répresentant une lettre de l’alphabet.

« Pour son anniversaire, j’ai loué un petit avion et je lui ai offert son baptême de l’air. Je savais aussi que Fini voulait aller au zoo et que d’autres sourds-aveugles n’y étaient jamais allés. Alors, j’ai décidé de faire cette séquence en persuadant le directeur du zoo de mettre en liberté un chimpanzé. » Michel Ciment, Positif, extrait de l’entretien avec Werner Herzog
Le film n’est jamais voyeur et les moments capturés sont rares, fragiles comme ces êtres dans leur forteresse d’ombre et de silence.
Un film marquant qui questionne sur l’importance de nos sens, du language et de la communication. Comment se développer sans presque aucun moyen de communication vers l’extérieur ?

Petite mention pour les intertitres magnifiques avec citations des différents protagonistes dont une qui me revient à l’esprit :
« Lorsque votre main ne me touche plus, c’est comme si vous étiez à des centaines de kilomètres de moi », Fini Straubinger
Le réalisateur :
Werner Herzog est un des fers de lance du nouveau cinéma Allemand (l’équivalent de notre Nouvelle Vague) et on lui doit notamment : Nosferatu ou Invincible.
Bio express :
Né à Munich durant la Seconde Guerre mondiale, l’enfance du Werner est un vrai film à elle toute seul ! Après s’être réfugié en Autriche avec sa famille, il revient en Allemagne à 12 ans, et rencontre Klaus Kinski avec qui lui et sa famille partageront un appartement.
C’est à ce moment-là qu’il sait qu’il sera réalisateur. Il vole une caméra 35 mm deux ans plus tard, et entreprend de se former à l’aide d’une encyclopédie sur le cinéma.
Après avoir proclamé le manifeste d’Oberhausen qui lance le Nouveau Cinéma allemand (avec des réalisateurs comme Fassbinder ou Wim Wenders), il obtient la reconnaissance internationale en 1972 avec « Aguirre, la colère de Dieu« .
Une expérience marquée par un tournage mouvementé dans la forêt amazonienne, la difficulté de boucler le film et les nombreuses tensions entre Herzog et Kinski (« with both apparently threatening to kill each other during one heated dispute »).
Ces difficultés sont représentatives des obstacles que connaitra Herzog durant sa carrière.
Excessifs et marginaux, ces qualificatifs décrivent en effet aussi bien les personnages traités par Herzog que ses tournages. Il tourne ensuite « Nosferatu, fantôme de la nuit » (1979), et des fictions n’hésitant pas à faire jouer ses comédiens sous hypnose.
Il fait également tourner Bruno S ., autre acteur atypique ayant passé les trente premières années de sa vie en hôpital psychiatrique et en prison, dans deux longs métrages : « L’ Enigme de Kaspar Hauser » et « La Ballade de Bruno ».
Après avoir réalisé le documentaire « Ennemis intimes » en 1999, traitant de sa relation avec Kinski, il tourne en 2005 le documentaire « Grizzly Man », et dirige Christian Bale en 2007 pour « Rescue Dawn ».
Considéré par beaucoup comme un réalisateur de génie dans sa folie et sa démesure, Werner Herzog est désormais un pilier du patrimoine cinématographique mondial.
Herzog et l’affiche du film :

Pays du silence et de l’obscurité (Land des Schweigens und der Dunkelheit) de Werner Herzog, 1971 | 85 min
Le fiche imdb du film : Land des Schweigens und der Dunkelheit

2 Commentaires
merci pour cet article, je fais mon diplôme sur la perception des aveugles et même en ayant épluché dans tous les sens l’énorme catalogue programme de beaubourg, sans toi je serais passé à côté de ça ! OUF !
à voir !!
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=135911.html