C’est en écoutant le génial Curtis Mayfield que j’ai eu l’idée d’un petit décryptage du terme Blaxploitation.
Le terme Blaxploitation désigne un genre cinématographique américain du début des années 70. Les films estampillés blacksploitation (contraction de « black » et de « exploitation ») étaient destiné à la communauté black américaine et les scénarios tournaient souvent autour du business de la drogue et des femmes de joie, le tout sur fond de funk et soul. Ce sont bien souvent des films à petits budgets, blindés de stéréotypes et disons le des gros navets!
Pourtant l’esthétique Blaxploitation est toujours très fortement ancrée dans le design graphique contemporain. Des messages très drôles, des compositions fortes et des typographies assez folles : indémodable !

L’esthétique Blacksploitation :

Plein de posters dans la suite, avec les films les plus connus pour commencer :
Shaft et Superfly

Shaft dont la B.O de Isaac Hayes reste un classique et qui est considéré comme le film qui a lancé le genre (il a même eu un remake en 2000).
Superfly a une B.O signée de Curtis Mayfield. Ce qui est drôle, c’est que les messages véhiculés par les chansons de Curtis Mayfield sont à l’opposés des thèmes traités dans Superfly.
Le meilleur est à suivre avec cette série de poster :

She is a one mama massacre squad ! TNT Jackson



Sometimes we work the streets, sometimes we relax with friends, but we ‘re always TOGETHER ! When things get rough – we get bad ! FORCE FOUR


Admirez les typos !
Une histoire détaillé du courant : Blaxploitation sur Wikipedia

5 Commentaires
Je confirme, de gros navets !
Mais de sublimes costumes d’époque, cols roulé et chapeaux de feutre, belles godasses et ptits cul moulé dans des pattes d’ef rouges
Quasiment pas un bon film dans le lot, mais quelles B.O.s ! Quelques acteurs ont été révélés par le genre, comme Pam Grier bien sûr.
Notez que l’on écrit parfois « Blaxplotation » (et pas « ploitation »), de « plot » (thème).
Merci pour cette précision cher blogueur influent!
Près de 400 films en 6 ans… La qqualité n’est certes pas au rendez-vous mais c’est bel et bien un énorme mais méconnu phénomène culturel que représnete la Blaxploitation.
Il y a de « gros navets » bien sûrs, mais il y a surtout des films emblêmatique, des inventions qui irriguent le cinéma tout entier, des acteurs révélées…
Cleopatra Jones fut le premier film d’action à mettre au premier plan une femme !
Sweet Sweetback’s Baad Asssss Song malgrès la censure sera le meilleur succès indépendant de 1971 !
La Blaxploitation a permis l’émergence et la formation des Afro-Américains dans les métiers du cinéma et a permis l’existence des Spike Lee, Dany Glover, Chris Rock, Denzel Washington…
La Blaxploitation a coupé avec les personnages secondaires de Noirs débonnaires, débiles et de nounous généreuses et de joueurs de banjo ; elle a imposé des héros Noirs positifs, et au moins « égaux » aux héros blancs.
… pour toute ces raisons : vive la blaxploitation !
Bonjour. Une petite précision historique concernant l’utilisation du terme « Blaxploitation » vs « Blaxplotation ». Le terme original qui date de 1972 et qui a été inventé par un journaliste pour dénigrer le genre et popularisé par un mouvement réac’ de l’époque la « Coalition Against Black Exploitation » c’est donc bien « Blaxploitation ». « Blaxplotation » est une création toute récente des américains pour rentrer dans le politiquement correct. Au mettre titre que les noms de films avec le mot « nigger » sont désormais censurés, il y a des termes que les américains rechignent en effet à utiliser mais dans le cas de « Blaxploitation » c’est un peu ridicule car tout comme « spaghetti » le mot est rentré depuis longtemps dans le langage courant des fans de cinéma populaire.
Et sinon je suis en désaccord avec votre jugement sur la qualité des films. La Blaxploitation c’est plus de 350 films de 1970 à 1979, j’en ai personnellement visionné environ 300 et je peux vous affirmer que dans le lot il y a du bon comme il y a du moins bon, mais vous ne pouvez pas généraliser. C’est un gros poncif de lire très souvent sur le net que les disques sont bons et que les films sont nuls, surtout quand ce sont généralement des propos tenus par des gens qui ont vu peu de films sur le genre. La vérité c’est qu’il y a de bonnes et de mauvaises B.O., et il en va exactement de même pour les longs métrages. Visionnez des classiques comme Cotton Comes To Harlem, Come Back Charleston Blue, Gordon’s War, The Mack, Across 110th Street, etc. (je pourrais en citer des tas) pour vous en convaincre. Donc je voulais poster cet avis contradictoire : dans la Blaxploitation on trouve du très bon cinéma de quartier comme dans tous les autres genres du cinéma bis. Si le sujet vous intéresse, j’ai créé un fanzine sur la Blaxploitation au milieu des années 90 et j’ai depuis ouvert un site web sur la culture Soul Cinéma et le cinéma bis = http://Foxybronx.com