Antoine et Juliette / blog

JULIETTE

Par JULIETTE

Voici une petite série d’installations autour du magnétisme.

Les Ferrofluides de Sachiko Kodama

Le ferrofluide est un étrange liquide de synthèse utilisé en 1060 par la NASA, puis plus tard par les industries. Ce liquide est composé de nanoparticules d’oxydes de fer devenant magnétique au contact d’un champs magnétique extérieur. Dans certains cas, et si le champ magnétique est suffisant, il se hérisse de pointes dont la topologie varie selon les paramètres du champ.

Sachiko Kodama est une artiste japonaise.
Elle entame son travail sur les ferrofluides en 2001 avec l’installation interactive Protrude Flow. Des micros captent les sons environnants. Les sons sont convertis en force electromagnétique et transforment la structure du fluide. En 2008, elle présente une nouvelle sculpture de ferrofluides, intitulée Morpho Tower qui réagit cette fois au rythme d’une musique. Les pointes de ferrofluide dansent autour de 2 spirales en fer et oscillent selon la force du champ magnétique. L’animation des fluides est scotchant, un comportement entre artificielle et naturelle.

ferrofluide sachikokodama Champ magnétique

Protrude, Flow 2008 (2008) Sachiko Kodama

Image de prévisualisation YouTube

Morpho Tower / Two Standing Spirals (2007) Sachiko Kodama

Fleur magnétique – Sculpture cinétique de Laurent Debraux

Une autre sculpture cinétique, intitulée Fleur Magnétique et présentée fin mai 2010 aux portes ouvertes des ateliers d’artistes de Belleville, à Paris par Laurent Debraux.
Plexiglass, Aimants, Moteur, Liquide ferro-magnétique.
Prises de vues et Montage : Guillaume TAVERNE / Musique : Sylvia Howard – I wanna go somewhere.
Image de prévisualisation YouTube

Fleur Magnétique (2010) Laurent Debraux

Unsichtbar – sichtbar

(Traduction : Invisible – Visible). Et voici un Drawing robot réalisé par Eva Merckling, Dania Vifian, Sarah Villiger, à l’Institute of Media Art, FHNW, en 2007, dans le cours de  »Robotics and Automats » de Andres Wanner.

http://www.vimeo.com/3183086

Drawing Robot (2007) Eva Merckling, Dania Vifian, Sarah Villiger

Avis aux amateurs : on peut trouver du ferrofluides sur ebay pour 10 dollars, …

Par JULIETTE

Le lab212 est invité pour la deuxième fois de l’autre côté du continent, dondè se habla español pour présenter l’installation Stop-it au Campus Party de Mexico. Campus Party est un évènement majeur du continent dans le domaine des technologies. Il y’a un mois, Pierre et Tobias s’étaient rendus au campus party de Bogota en Colombie, et nous voilà, kikko et moi, dans la ville de Mexico, du 9 au 15 août, au milieu des 6000 campuseros.
+ d’infos sur Campus party.

Je profite donc de ce plongeon geekesque pour faire la présentation de différentes installations interactives toutes plus épatantes que les autres. La première partie porte sur les installations interactives haptiques. L’haptique désigne la science du toucher.

Mesa de arena / SieteMedia

La première installation est mexicaine. La Mesa de arena « table de sable » est une des nombreuses tables interactives conçues par l’agence SieteMedia de Mexico. Elle est présentée dans la partie Futuro de Campus party, au côté de Stop-it. L’installation se compose d’une table lumineuse entièrement recouverte de sable, et d’un écran de projection. Le public s’installe autours de la table et esquisse dans le sable une première forme lumineuse. Pendant ce temps, le dessin est projetté à l’écran, en temps réelle et subit plusieurs effets kaléidoscopiques.
L’expérience est vraiment très agréable, presque instinctive, primitive… c’est un vrai plaisir de dessiner avec du sable et de la lumière!

Video
 Installations interactives haptiques

Dessin de sable et de lumière, Mesa de Arena (SieteMedia)

Relief / Daniel Leithinger, Adam Kumpf, Hiroshi Ishii, tangible media group MIT

Je poursuis avec une autre interface malléable, qui d’ailleurs me rappelle ce drôle de jouet composé de petits clous métalliques sur lequel on appuyait notre visage.

Relief est un projet récent (2009), mené par le Tangible Media Group (MIT), sur le rendu d’animation 3D d’un relief en mouvement. Voici donc une table circulaire à la surface évolutive… composée de 120 «axes» motorisées. Le tout est recouvert d’un tissus en lycra sur lequel un paysage est projeté. Chaque axe est capable de répondre individuellement aux mouvements des utilisateurs et/ou aux données géospatiales envoyées par ordinateur (capteur / actionneur). Deux actions possible : tirer ou pousser.

Pour + infos et pour les éloctro-bricoleurs : Afin de minimiser les coûts et la complexité du système, toutes les parties de la table ont été construites à partir de composants disponibles dans le commerce (Potentiomètres, Arduino, moteurs DC, moteur Ladyada) et les logiciels utilisées sont des logiciels libres (Processing).

De futures versions sont prévues : différentes tailles et forme, sculpture d’outils, controleur de musique, versions connectés pour des collaborations à distance, etc.

Le projet était exposé au Ars Electronica Festival, 2009

http://www.vimeo.com/9069608
Relief3 Installations interactives haptiques

120 axes en aluminium, Relief (2009)

Relief2 Installations interactives haptiquesRelief1 Installations interactives haptiques

Le public interagit sur le relief de la surface, Relief (2009)

peg block / Ben Piper, Matthew Karau, Beto Peliks and Hiroshi Ishii, tangible media group MIT

Un deuxième projet des génies du Tangible media group, plus ancien cette fois (2001). Il est basé sur le prototype d’un projet d’élève Ben Piper, réalisé en classe de physique du MIT Media Lab et se défini comme un moyen de communication à double sens utilisant le toucher.

Peg block est en faite un ensemble d’interfaces tactiles, toutes identiques : un tableau en bois dans lequel est enfoncé des chevilles. Tous les tableaux sont reliés en réseau. Chaque utilisateur dispose d’un tableau et peut manipuler les chevilles, les faisant glisser d’avant en arrière. Le mouvement est converti en électricité et reconverti en mouvement vers la cheville d’un des tableaux du réseau. Chaque cheville peut donc agir selon 2 modes :  produire de l’électricité à partir d’un mouvement, et reconvertir l’électricité en mouvement.

Download
pegblocks Installations interactives haptiques

Echanges entre 2 tableaux, Pegblocks (2001)

L’expérience est à la fois ludique et didactique. J’ai trouvé justement un article à ce sujet où PegBlocks est utilisé comme un jouet éducatif pour illustrer certains principes de base de physique aux élèves du primaire.

SCENARIO Un groupe d’enfants de maternelle et leur enseignant s’asseoient autour d’une table de classe. L’enseignant distribue un ensemble de jouets en bois PegBlocks et les dépose sur la table. Ensemble, les enfants et leur enseignant mettent en réseau les blocs en utilisant un ensemble de câbles électriques. Lorsqu’un réseau est complet les enfants manipulent alors les PegBlocks et peuvent observer comment l’énergie cinétique qu’ils mettent dans le système est redistribué sur le réseau. Grâce à ce genre de jeu interactif les enfants commencent à développer une compréhension plus intuitive d’un certain nombre de principes de physique abstraite.

Tensión superficial / Crowe, Rusjan & Wloch

Tension superficial est une installation interactive présentée en Argentine durant l’exposition «estados del agua». A la présence de visiteur, la surface de l’eau réagit, tremble, se resserre…

http://www.vimeo.com/1537363

Liens vers Jorge Crowe

Miranda July

Par JULIETTE

Moi, toi et tous les autres

Miranda july dresse le portrait de gens ordinairement humain avec un humour farfelue et une inquiétante étrangeté planant le long de son premier long métrage « Me and you and everyone we know », en français « Moi, toi et tous les autres ».

moi toi et tous les autres

Il y a Richard, vendeur de chaussures et papa de 2 petits garçons; Il y a Christine, artiste contemporaine et chauffeuse de taxi pour les personnes âgées, puis il y a « tous les autres »… Tous les personnages du film sont plus ou moins déconnectés de la terre, un peu mal dans leur peau, en quête d’expérience, de sexualité, de reconnaissance mais pas si naïfs qu’ils en ont l’air.
Le film est sorti en 2005 et a été primé au festival de Cannes. C’est comme ça que j’ai entendu parler de Miranda July, pour la première fois. L’artiste jouant son propre rôle à travers l’un des personnages principaux, Christine, on découvre la réalisatrice en même temps que son film – c’est assez plaisant, comme l’impression de mieux percevoir son film et son univers.
L’artiste américaine est originale, pas formatée, très féminine, et son film d’auteur ne m’a pas laissé indifférente.
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Par JULIETTE

L’expo sans doute la plus populaire à Paris en ce moment, avec celle de Tati ; Le musée Beaubourg a dû ouvrir ses portes les nuits pour faire face aux milliers de visiteurs. Voici pour tous ceux qui ne pourront pas y aller, une petite présentation du maître Calder :

« Daumier du fil de fer »

Alexander Calder est né en 1898 aux États-Unis, descendant d’une lignée de sculpteur, il reçoit une double formation d’ingénieur et d’artiste. En 1926 il arrive à Paris et commence sa véritable carrière. Bricoleur de génie, il met au point les mécanismes les plus astucieux pour animer ses créations, souvent des animaux et en particulier ces célèbres mobiles. Des formes géométriques colorées suspendu en l’air. Primitives et libérées, elles marqueront son passage vers l’abstraction !

Il affranchit la sculpture et fait du mouvement un matériau à part entière!

Calder mobile

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Golan Levin

Par JULIETTE

Un petit portrait d’un grand artiste pour commencer l’année 2009, en attendant notre carte de vœux…

golan levin

Diplômé du MIT Media Laboratory, Golan Levin est un des artistes contemporains du monde numérique, celui que je citerai en exemple la prochaine fois que je devrai expliquer à ma famille la voix dans laquelle je me dirige… les nouvelles formes de création, utilisant le code informatique autrement dit les « œuvres interactives ».
Il créée donc des applications, des outils à but esthétique ou non, manipulables ou non, des projets simplement surprenants.
Les infos en français sur ses œuvres : fondation-langlois
Le site de Golan Levin : www.flong.com

J’ai trouvé une interview de Golan Levin, très riche, à propos de l’interactivité, l’aléatoire, l’art génératif…

Les «œuvres d’art générées à partir d’un logiciel » («generative software art»), comme on les comprend habituellement aujourd’hui, sont le produit d’une pratique artistique qui utilise des algorithmes mathématiques pour produire automatiquement ou semi-automatiquement des expressions dans des formes artistiques plus conventionnelles. (…)

Avec cette définition, « faire du Multimédia » prend alors tous son sens, un moyen et un support englobant tous les arts.

golan levin

(…) C’est une chose d’être capable d’apprécier la beauté surgissant de résultats inattendus, mais nous devons aussi réaliser que nos algorithmes sont également capables de froideur et de laideur, ou nous n’apprendrons jamais rien.(…)

Il pose un regard très juste sur le potentiel du numérique sur la quantité et la qualité, la fascination de l’artiste ou du spectateur devant l’œuvre générative.

golan levin

(…) À une époque, j’évitais presque religieusement de recourir à l’aléatoire dans mes œuvres, et j’en étais fier. Mais il s’est produit un tournant, un jour alors que j’étais étudiant au Media Lab. J’avais été invité à faire une démonstration de mon logiciel devant le premier ministre de l’Autriche. C’était un homme énorme et très grand, avec une solide poignée de main et jouissant d’une indéniable autorité. Comme je lui faisais la démonstration de mon logiciel, j’ai insisté sur le fait qu’il n’y avait aucun caractère aléatoire dans les algorithmes : tout ce qu’il voyait était entièrement en fonction directe des mouvements qu’il imprimait à la souris avec sa main. Il s’est tourné vers moi et m’a demandé: « mais qu’y a-t-il de mal dans l’aléatoire ? La vie elle-même est aléatoire. » J’ai pensé que c’était d’une grande sagesse. Ainsi, après tout ce que j’ai pu dire, j’admets aujourd’hui de manière un peu embarrassée que j’emploie effectivement l’aléatoire, particulièrement sous la forme de bruits statistiques à haute fréquence et basse amplitude. C’est en fait essentiel pour générer toutes sortes de textures organiques. Sans cela, la plupart des systèmes génératifs sembleraient sans vie, trop réguliers, et ennuyeux.

ET mes 2 coups de coeur:
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Mard! 01

Par JULIETTE

Le Mardi 7 octobre 2008 à 19h, à la médiathèque d’Ivry sur seine avait lieu le premier mard!, nouveau cycle invitant des personnalités différentes, artistes, critiques ou commissaires à aborder l’art, en général et contemporain en particulier, dans son interaction avec d’autres domaines.

C’était très intéressant, un sujet passionnant et un public aux réactions virulentes!

Quand l’art dépasse les bornes
Art contemporain & graphisme :
glissement de terrain ou conjonction naturelle?

par Etienne Bernard

Commissaire d’exposition, délégué général du Festival international de l’affiche et du graphisme de Chaumont, critique d’art … Etienne Bernard a analysé le sujet, rapprochant l’art et le graphisme dans leur espace d’exposition. Quand les graphistes investissent les musées…

metahaven et m/m

Le conférencier cite l’exemple de Chaumont : exposition 2003 dans la Chapelle des Jésuites par les célèbres M/M. Revisitant l’affiche en plaçant les leurs dans des « MUPI » (Mobilier Urbain Pour l’Information) redesignés pour l’occasion, les graphistes s’inscrivent dans une démarche artistique et un process d’expérimentation. Il transforme leurs objets graphiques en œuvres d’art.
L’expérience semble une réussite, même si le graphisme d’excellence mis en avant depuis quelques années énerve quelques jaloux.

Le dernier exemple en date soulève encore plus d’émois dans le public, pas de la jalousie cette fois mais plutôt de l’incompréhension. L’exposition du collectif Metahaven au CAPC de Bordeaux, « AFFICHE FRONTIÈRES » : investir les emplacement publicitaire de JC Decaux dans toute la ville avec une sélection d’œuvres pour les confronter à un environnement désigné… Une expo pour ma part (vu de nos yeux) super décevante pour des explications un peu trop pompeuse.

Ce que j’ai retenu : le danger est de « muséifier » le graphisme, et d’en oublier la réalité du vrai métier, mais tant que les graphistes restent dans une démarche d’expérimentation ou de recherche, de collaboration avec des artistes, les résultats montrent un véritable intérêt.

Pour les curieux, voilà les prochains rendez vous des MARD!
le 2 décembre 2008 à 19h
Art et espace domestique :
quelles limites?

par l’Ambassade

le 10 février 2009 à 19h
Jeux vidéos et peinture plate :
l’écran est-il un tableau?

par Jill Gasparina